
Le Barreau du Gabon en faveur d’une réforme approfondie du cadre législatif

Le Barreau du Gabon, conduit par le bâtonnier Raymond Obame Sima, a été reçu par le président de l’Assemblée nationale pour plaider l’adoption rapide de la réforme de la profession d’avocat. À travers cette démarche, l’Ordre appelle à une refonte du cadre législatif afin de renforcer l’État de droit et de mieux protéger les droits des justiciables.
Le Conseil de l’Ordre des avocats du Gabon, conduit par le bâtonnier Raymond Obame Sima, a été reçu le mardi 11 février 2026 au Palais Léon Mba par le président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga Ndiaye, et sa première vice‑présidente. Cette audience s’inscrit dans la dynamique de consolidation de l’État de droit et avait pour objectif de plaider en faveur d’une modernisation du cadre législatif de la justice à l’ère de la Ve République.
Au cœur des échanges figurait la réforme de la profession d’avocat, dont les textes révisés ont été adoptés par l’Assemblée générale du Barreau depuis 2014 mais restent en attente d’adoption par le gouvernement. Le bâtonnier Raymond Obame Sima a rappelé l’urgence de cette réforme, souhaitant son adoption avant juin 2026, afin de permettre notamment l’ouverture de l’École des avocats dans un cadre légal actualisé, conformément aux engagements pris par le président de la République.
Le Barreau du Gabon a également attiré l’attention de la représentation nationale sur certaines insuffisances du système judiciaire, en particulier l’élaboration de textes majeurs, tel le Code du travail, sans contribution suffisante des praticiens du droit. L’Ordre des avocats recommande que l’expertise des avocats soit systématiquement associée au processus de rédaction des lois, notamment dans la perspective de l’adaptation du dispositif législatif à la future Constitution.
Les échanges ont aussi porté sur les difficultés concrètes rencontrées par les justiciables : non‑respect des procédures par certaines forces de sécurité, forte centralisation des services de justice à Libreville au détriment des provinces et surpopulation carcérale persistante. Face à ces défis, le Barreau plaide pour une décentralisation effective des moyens, un renforcement de la formation des officiers de police judiciaire et une meilleure garantie des droits de la défense sur l’ensemble du territoire.
Les deux institutions ont, par ailleurs, souligné l’importance de développer l’éducation civique et juridique dès le secondaire, afin de favoriser l’émergence d’une citoyenneté responsable, informée de ses droits et devoirs. Le Conseil de l’Ordre des avocats a réaffirmé sa pleine disponibilité à accompagner l’Assemblée nationale dans sa mission de législation et de contrôle, dans la perspective d’une justice plus accessible, plus lisible et plus équitable pour tous.


